Ali Hassan Jadallah : Gaza sous les attaques israéliennes

Israël a poursuivi sa guerre contre Gaza tout au long de l’année 2024, laissant une grande partie du territoire en ruines et contrôlant et bloquant l’afflux d’aide, notamment alimentaire, médicale et humanitaire. La situation s’est aggravée après mai 2024, lorsque les forces israéliennes ont pris le contrôle du côté gazaoui de Rafah et de son point de passage, après quoi ce dernier a été fermé, ce qui a encore impacté les évacuations médicales et l’entrée de l’aide humanitaire.

L’ONU rapporte que plus de 60 % des habitations de Gaza ont été détruites et que 95 % des hôpitaux sont hors d’usage ; plus de 200 écoles ont été détruites ou endommagées depuis le début de la guerre. Selon une analyse de Forensic Architecture, Israël a également détruit environ 40 % des terres de Gaza auparavant utilisées pour la production alimentaire. Près de deux millions de personnes ont été déplacées dans un contexte de pénurie aiguë de nourriture, d’eau potable et de médicaments, en raison des restrictions israéliennes.

Les journalistes internationaux étant exclus de Gaza, les photographes locaux ont risqué leur vie pour documenter la guerre : plus de 80 journalistes et professionnels des médias locaux ont été tués à Gaza en 2024. Le photographe, qui a également perdu des proches, déclare : « Chaque fois que je photographie une maison détruite, je me souviens de la mienne. Chaque fois que les blessés et les martyrs sont extraits des décombres, je me souviens de mon père et de mes frères et sœurs. »

Photographe Ali Jadallah – Youtube – Photographer Ali Hassan Jadallah

« Chaque fois que je photographie une maison détruite, je me souviens de la mienne. Chaque fois que des blessés et des martyrs sont sortis des décombres, je me souviens de mon père et de mes frères et sœurs. »

Ali Hassan Jadallah est un photojournaliste palestinien qui documente la vie dans la bande de Gaza depuis plus de 13 ans. Son travail capture à la fois l’immédiateté du conflit et la résilience du quotidien, offrant un témoignage visuel des luttes continues de la région. Il a couvert trois guerres israéliennes contre Gaza, livrant des images puissantes qui reflètent l’impact humain de la guerre. Au-delà du conflit, Jadallah explore les réalités quotidiennes de Gaza, en montrant la force et la persévérance de sa population. Sa capacité à documenter les événements avec rapidité et précision a fait de lui un photographe de premier plan dans la région. Jadallah a obtenu un diplôme en multimédia de l’École supérieure des sciences appliquées de Gaza en 2010, enrichissant ses récits à travers divers supports. Son travail a été largement reconnu et a remporté de nombreux prix, notamment de l’Agence Anadolu, du Concours photo de Sharjah, du Centre de Doha pour la liberté des médias, de la Commission indépendante des droits de l’homme et d’Arab Camera 48. En 2024, sa couverture de la guerre de Gaza lui a valu le prix de la meilleure photo de l’Agence Anadolu.

Concours photo 2025 – Asie de l’Ouest, centrale et du Sud – Histoires https://www.worldpressphoto.org/collection/photo-contest/2025/Ali-Jadallah/1

Sur cette image intitulée « Gaza sous les attaques israéliennes », on voit une femme accompagnée de deux enfants entassés à l’arrière d’un véhicule surchargé. Le coffre, ouvert et rempli de matelas, de cartons et d’effets personnels, laisse apparaître leur tentative de transport de biens essentiels, dont un colis alimentaire marqué « Food Parcel ». Les visages fatigués et inquiets traduisent la dureté de la situation. Autour d’eux, la scène de rue montre d’autres personnes et véhicules, soulignant le contexte de déplacement massif et de chaos provoqué par les bombardements. L’image illustre la vulnérabilité des civils, en particulier des femmes et des enfants, contraints de fuir pour survivre.

La scène traduit avec force la vulnérabilité des civils dans un territoire assiégé, où chaque déplacement devient une question de survie. Les visages des enfants, fatigués et marqués par l’angoisse, racontent à eux seuls la brutalité d’un quotidien rythmé par les sirènes, les explosions et la peur constante de perdre un proche. La femme, elle aussi, reflète cette tension permanente : son regard inquiet, son corps replié dans l’espace du véhicule témoignent de la dure réalité de l’exode forcé. En arrière-plan, on distingue d’autres habitants, des voitures coincées dans une circulation dense, et même un cycliste tentant de se frayer un chemin au milieu du chaos. Cette atmosphère montre que ce n’est pas un cas isolé mais bien une situation collective, où des milliers de familles, prises au piège, cherchent désespérément une échappatoire aux frappes aériennes et à la destruction de leurs maisons. Cette photographie met en lumière non seulement l’aspect matériel de la fuite – le transport précaire, l’amoncellement d’objets nécessaires à la survie – mais aussi la dimension profondément humaine de cette crise. Elle rappelle que derrière les chiffres des victimes et les bilans officiels, il y a des enfants arrachés à leur enfance, des mères épuisées tentant de protéger leur famille, et des communautés entières plongées dans l’incertitude de demain.

En somme, « Gaza sous les attaques israéliennes » n’est pas seulement un titre, mais une réalité vécue quotidiennement par des civils piégés dans une guerre qui dépasse leurs forces. Cette image devient alors un témoignage visuel puissant, une trace de résilience et de souffrance qui interpelle le regard du monde.

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