Affaire de l’Abbé Pierre, accusé d’agressions sexuelles
L’abbé Pierre, de son vrai nom « Henri Grouès », est né le 5 Août 1912 à Lyon et est décédé le 22 Janvier 2007 à Paris. Il est surtout connu pour son engagement en faveur des plus démunis et pour avoir fondé le mouvement Emmaüs en 1949. Durant la Seconde Guerre Mondiale, il a été un membre actif de la Résistance, aidant des juifs à échapper aux nazis. Après la guerre, il a été élu député de Meurthe-et-Moselle. En 1954, il a lancé un appel célèbre, connu sous le nom de « l’insurrection de la bonté », pour aider les sans-abri pendant un hiver particulièrement rigoureux. L’abbé Pierre a consacré sa vie à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, devenant une figure emblématique de la solidarité en France. Pourquoi est-il si populaire ? Il a créé les communautés Emmaüs. En 1949, il accueille chez lui, près de Paris, des sans-logis et fonde ainsi la première de ces communautés. L’abbé Pierre offre à ses compagnons souvent désespérés de trouver, en aidant les autres, un sens à leur vie. Il fournit aussi aux compagnons d’Emmaüs un travail, comme réparer des objets abandonnés pour les revendre après. En France, à l’hiver 1954, la température descend à moins 30 °C et, faute d’un toit, un bébé et une femme meurent de froid. Scandalisé, l’abbé Pierre lance le 1er février un appel à la radio. Il demande aux gens d’héberger et de donner en faveur des plus défavorisés. Ses mots provoquent un élan de charité : tout le pays lui envoie des colis de vêtements, de nourriture et d’argent. Élu 17 fois personnalité préférée des Français par Le Journal du dimanche, l’abbé Pierre demande à sortir du classement en 2004 pour céder la place aux jeunes… et au footballeur Zidane ! Toute sa vie, l’abbé Pierre s’est engagé auprès des plus démunis. Aujourd’hui, sa cape et son béret sont devenus des symboles de générosité ! L’abbé Pierre accusé d’agressions sexuelles : de nouveaux signalements enregistrés… L’Abbé Pierre, figure de la lutte sociale et longtemps parmi les personnalités préférées des Français, est accusé par 24 femmes de violences sexuelles. Le cabinet spécialisé Elaee a identifié 17 nouvelles accusations qui s’ajoutent aux 7 déjà dévoilées en juillet. En effet, tout commence en juin dernier lorsqu’une femme raconte avoir été victime de gestes qui peuvent être qualifiés « d’agression sexuelle » de la part de L’abbé Pierre. Celle-ci était encore mineure au moment des faits. Il était donc son ainé d’une cinquantaine d’année. Elle était la fille d’un couple d’amis proche du prêtre. Cette femme est la première à avoir dénoncé ces agressions qui auraient débuté dans les années 70. Elle raconte que lorsque l’Abbé Pierre venait dans la maison, elle avait entre 16 et 17 ans à ce moment là, il venait lui « toucher les seins ». Puis, quelques années plus tard, alors qu’elle était majeure, elle témoigne « il m’a demandé de s’asseoir à coté de lui dans la voiture et il me tenait la main tout le temps« , « un jour il est entré dans notre chambre sans frapper » et elle raconte avoir subit un « baiser forcé ». Il aurait « introduit sa langue dans sa bouche de manière brutale et totalement inattendu ». La difficulté dans ce dossier étant que l’Abbe Pierre est décédé, il n’y donc pas de contradictoire. Cependant, il peut y avoir une suite judiciaire qui pourrait permettre à d’autres victimes de se manifester. L’abbé Pierre est pour le moment présumé innocent mais l’enquête qui a été ouverte et qui continue de faire du bruit, suit son cours… » Désormais, l’abbé Pierre pour tout le monde, et particulièrement, pour les personnes qui ont été victimes de violences dans leur vie, c’est l’image d’un prédateur sexuel ». Adrien Chaboche, directeur général d’Emmaüs International