Burj al Babas : Le village des châteaux fantômes
« Eh non ce n’est pas une maquette miniature !… Il s’agit bien d’un village de châteaux abandonnés. Un lieu où on ne risque pas d’être jaloux de son voisin… » Tout commence en 2014 lorsque les frères Yerdelen, des entrepreneurs immobiliers du groupe Sarot Property, font le pari un tantinet fou de construire 732 villas de luxe près de la ville de Mudurnu, en Turquie. Sur le papier, tout semblait incroyable. Une localisation impeccable, juste à côté d’une ville connue internationalement pour son climat méditerranéen. Des villas luxueuses, reprenant le style des châteaux gothiques européens avec à chaque fois une tour cylindrique et une tour carrée, le tout sur trois étages avec balcons à chacun d’entre eux. Et surtout, un intérieur richement décoré, un mobilier moderne, des matières brutes sublimées, ou encore des jacuzzis dans chaque mini château. Avec, au cœur du complexe, un centre commercial, des salons de santé et de beauté, une salle de cinéma… Le rêve, quoi. Le rêve. C’est en Turquie, dans une province de l’Ouest du pays, que des centaines de villas ressemblant à des châteaux ont été construites pour accueillir de riches clients étrangers. Mais « Burj al Babas », nom donné à cet étrange et ambitieux projet immobilier, a fait les frais de la crise économique qui a frappé la Turquie en 2018. Depuis, les travaux n’ont toujours pas repris et personne n’y vit, faisant de Burj al Babas un village fantôme. Le projet Burj Al Babas, impliquant la construction de 732 châteaux dans un style qui rappelle la féerie de Disney, a été approuvé en 2011 par Mehmet İnegöl, ex-maire de Mudurnu. Dès le début des travaux, en 2014, le projet a rencontré des obstacles. Des violations environnementales ont été signalées et des ouvriers ont protesté contre des salaires impayés. Plusieurs incidents dramatiques ont été signalés, parmi lesquels un ouvrier qui menaçait de se suicider en sautant du toit d’un bâtiment en raison de la non-rémunération. En 2016, les travaux se sont arrêtés, transformant le projet en un « éléphant blanc ». C’est-à-dire en une réalisation d’envergure prestigieuse qui s’avère plus coûteuse que bénéfique et dont l’entretien ou l’exploitation devient un fardeau financier. Les châteaux, au départ associés à des rêves de grandeur, sont en délabrement. Façades en béton, espaces envahis par la végétation, intérieurs endommagés par l’eau… La magie des lieux s’est envolée. Les propriétaires, qui ont investi entre 150000 et 45000 dollars, ont signé des contrats qui prévoyaient la fin des travaux en 2018. Désormais, ils n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. A l’époque, les maisons étaient en vente entre 370 000 et 530 000 dollars. De nos jours, elles ont perdu toute leur valeur… Aujourd’hui Burj al Babas est gardé par des personnes assurant la sécurité du site. Cependant, de nombreux curieux tentent de passer par les forets des alentours pour s’introduire dans ce village abandonné. Certaines personnes réussissent et font part de leurs exploits sur les réseaux sociaux.